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Coup de coeur


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Les têtes raides
 



Guillaume Bachelay, Désert d'avenir ?
Le Parti socialiste, 1983-2007

Lundi 7 janvier 2008

undefinedJe participais ce matin, avec tous les professeurs d'un collège de l'Académie de Rouen, à une réunion de concertation sur l'expérimentation, dès ce semestre, de l'évaluation du socle de connaissances et de compétences. Expérimentation est un bien grand mot car si tel était le cas, et de façon à tenir compte des corrections à apporter à ce projet autant sur la forme que sur le fond, la mise en place de ce socle commun nécessiterait plusieurs mois de réflexion. Or il n'en est rien puisque les nouveaux programmes applicables à la rentrée 2008 sont en cours de publication. Il était "l'élément majeur" de la Loi sur l'avenir de l'Ecole du 23 avril 2005 et il devait entrer en application à la rentrée 2007. Le retard s'explique par le fait que le Ministère avait confié la conception d'un logiciel d'évaluation à une société privée qui ne l'a jamais produit. Le candidat Sarkozy en avait parlé durant sa campagne et fidèle à son habitude, il a confondu vitesse et précipitation. Le 14 mai 2007, soit quelques jours après son élection, le décret et l'arrêté étaient décidés. Je reviendrai plus bas sur les problèmes que posent l'évaluation du socle commun.
Ceux qui n'ont jamais entendu parler de ce projet doivent se poser quelques questions. Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Essayons d'y répondre en quelques lignes. 
Tout d'abord, de quoi s'agit-il ? Le socle commun précise le contenu obligé de la scolarité jusqu'à 16 ans. Il comprend sept grands piliers de compétences qui doivent être validés du CE1 à la classe de troisième : maîtrise de la langue française, pratique d'une langue vivante étrangère, mathématiques, culture scientifique et technologique, maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication, culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et initiative.
Ensuite, pourquoi cette réforme ? Officiellement, la "République" veut préciser le contenu des programmes et des compétences à évaluer ; à croire que depuis des lustres les professeurs enseignent ce qu'ils veulent en classe et notent selon des critères qui leur sont propres ! En réalité, il s'agit d'harmoniser l'enseignement en France avec celui de nos voisins européens. Plusieurs enseignants ont manifesté ce matin leur crainte de voir disparaître d'ici cinq ans les examens de l'enseignement secondaire...
Comment évaluer ce socle commun ? Le livret qui nous a été distribué ce matin est l'objet de nombreuses critiques sur la faisabilité. L'idée de départ est intéressante puisqu'il s'agit d'évaluer des compétences transversales mais les professeurs de collège ne sont pas des professeurs d'écoles. Ils n'ont pas qu'une seule classe. En moyenne, ils évaluent 140 élèves mais les professeurs de sciences bien davantage... Ensuite, l'évaluation ne doit pas reposer sur la note, autrement dit, il est demandé aux professeurs d'évaluer leurs élèves sur le travail mené en classe durant toute l'année. Le risque est que le professeur n'enseigne plus et passe son temps à évaluer chaque élève. Enfin, les sous-ensembles thématiques sur lesquels devront s'appuyer les enseignants me semblent flous.
Le projet du socle commun constitue une véritable révolution dans notre système scolaire. Et parce qu'il s'agit d'une rupture, il faut prendre le temps de se doter des outils nécessaires pour la mettre en oeuvre. Il faut aussi prendre le temps d'informer à la fois les élèves concernés mais aussi les parents qui ignorent dans leur ensemble jusqu'à aujourd'hui ce qui attend leurs enfants à la rentrée. Mais voilà, Nicolas Sarkozy est le Président de l'immédiateté et le temps est une valeur dont il semble se méfier.

par Frédéric Le Loc'h publié dans : coup de sang
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Vendredi 19 octobre 2007

m--quet.jpgJe n'aurai pas d'élèves lundi 22 octobre, tout simplement parce que le professeur que je remplace n'a pas de cours prévu ce jour-là. Je n'aurai donc pas à "résister" à la directive du Ministère qui nous prie de bien vouloir mobiliser les élèves autour de la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet. Il n'empêche que si j'avais enseigné ce jour-là, je n'aurai probablement pas participé à une manifestation dont je ne vois pas très bien l'utilité sinon qu'elle répond au désir de notre Président qui sur un instant d'émotion a décidé de rendre hommage à ce jeune résistant tombé à 17 ans sous les balles nazies. Cette lettre est chargée d'émotion. C'est une lettre intime, adressée à ses parents. Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut se montrer prudent dans la relation entre mémoire et histoire. 
Pourquoi insister le 22 octobre sur la lettre de Guy Môquet ? Une lettre dont le contenu n'évoque même pas les motifs de son engagement dans la résistance. L'initiative du gouvernement me laisse songeur... Pourquoi ne pas proposer la même démarche autour de la journée du 10 mai, consacrée à l'esclavage ? L'esclavage, un thème qui ne fait même pas l'objet d'une séance d'une heure dans les programmes officiels en métropole !!! 
Je salue l'engagement héroïque de Guy Môquet mais je ne cautionne pas l'entreprise mémorielle du gouvernement.

par Frédéric Le Loc'h publié dans : coup de sang
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Mardi 16 octobre 2007

touche-pas----mon-pote.jpgComment ne pas s'indigner devant le vote d'un amendement rendant possible le recours à un test ADN pour justifier des liens familiaux ? Et pourtant ça y est, la majorité parlementaire, élus UMP et Nouveau Centre, ont approuvé en deuxième lecture le texte de Thierry Mariani,légèrement retoqué par le Sénat. Et pourtant cet amendement soulève des protestations qui dépassent les clivages politiques habituels. Comment ne pas saluer à ce propos le courage du député de Vannes François Goulard, qui non seulement s'est dressé contre cet amendement mais qui n'a pas hésité à briser le "mur de Berlin" qui le séparait de toute action commune avec la gauche ? Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a décidé de saisir le conseil constitutionnel pour invalider une telle procédure. Selon toute vraissemblance, celui-ci devrait répondre de manière positive à cette demande. L'utilisation de l'ADN dans une logique de regroupement familial est contraire à l'esprit de la République et à la conception de la famille dans le droit français. 
Le silence du Président de la République n'est guère surprenant puisque durant toute sa campagne il n'a pas hésité à employer la loggohrée de l'extrême droite sur le sujet.
Alors pourquoi s'étonner d'un tel débat ? Les amis de Nicolas Sarkozy semblent recourir aux tristes procédés de la droite dans la première moitié du XXe siècle. Pour masquer l'incohérence de leurs discours et de leurs choix politiques, ils préfèrent recentrer le débat sur l'immigration. Oublié le cadeau fiscal de 15 milliards d'euros aux 3 000 foyers les plus aisés de ce pays. Mieux vaut stigmatiser l'étranger ! Au moins, le responsable est facilement reconnaissable. Il a un faciès bien connu. Bien souvent il n'a pas de papier et en plus, comme il ne maîtrise pas la langue, il n'a guère les moyens de se défendre. Le discours est le même depuis les années 1930 et j'invite tous ceux qui parcourront ces lignes à se replonger dans les manuels d'histoire. La France renoue hélas avec son triste passé xénophobe. Il est inutile de justifier un tel amendement par les exemples de nos voisins européens car dans ces pays le droit de la famille n'est pas comparable à celui de la France. 
Décidément, la France du Président Sarkoy est aux antipodes de celle pour laquelle je vibre.

par Frédéric Le Loc'h publié dans : coup de sang
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Mardi 11 septembre 2007

jules-ferry.jpgComme chaque année, la rentrée des classes est le moment que choisissent les médias pour faire le procès de l'école. Je dis les médias mais il faut bien reconnaître que tous les Français ont un avis sur le sujet. Il est légitime de s'y intéresser car l'éducation est le premier poste budgétaire de notre nation (et tant mieux) mais encore faut-il le faire avec discernement et lucidité. Je ne me suis jamais reconnu dans aucun corporatisme mais il faut bien vous l'avouer, au bout de quelques années d'enseignement on supporte très mal les poncifs et les idées reçues sur son métier. Au cours des dix derniers jours, j'ai lu des approximations scandaleuses sur les blogs des uns et des autres, et le prof que je suis en a par-dessus la tête de voir colporter toutes ces conneries... Oui, il existe bel et bien un malaise des enseignants. Oui, le malaise est encore plus profond pour les profs bretons qui redoutent de passer toute leur carrière très loin des leurs. Vous me répondrez qu'ils ne sont pas les seuls. C'est vrai, mais lorsqu'on choisit la fonction publique, on ne s'engage pas forcément à faire son sacrifice ni celui de ses proches. A ce sujet, je vous invite à lire l'édition du Télégramme de Brest de ce jour. Hélas, je n'entends ni les syndicats ni aucun parti politique s'en émouvoir.
Le blues du prof a des causes multiples. Voici un lien qui vous en dira plus avec l'humour qui appartient à ses auteurs :
http://fr.youtube.com/watch?v=w1RwibJHe-c&mode=related&search=

par Frédéric Le Loc'h publié dans : coup de sang
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Samedi 14 juillet 2007

halde.jpgJe ne sais pas comment formuler les lignes qui vont suivre tant ma colère est grande. Comme vous avez pu le lire dans les messages précédents, je suis depuis quinze jours à la recherche d'un nouveau logement sur la ville de Pont-Audemer. Avec ma compagne, nous avons donc fait le déplacement dans la journée de jeudi pour trouver un appartement qui nous convienne. Au bout de la troisième visite avec l'agent immobilier, nous avons eu tous les deux un grand coup de coeur pour un magnifique appartement restauré dans le respect total des maisons à pan de bois, excellement situé et donnant sur la rivière de la Risle qui traverse la ville. Le propriétaire (mèdecin généraliste) était présent et nous lui avons dit à la fin de la visite à quel point nous étions séduits et notre notre souhait de louer son appartement. Nous nous sommes donc rendu dans l'agence immobilière (Guy Hoquet) pour signer les documents et remplir les chèques nécessaires. Je ne vous raconte pas notre joie sur le chemin du retour à l'idée de vivre dans un tel cadre et d'avoir trouvé la bonne affaire. Notre enthousiasme était tel que nous n'avons pas ressenti les cinq heures d'autoroute qui ont suivi. Et puis, patatrac... Le téléphone sonne vendredi matin et au bout du fil un agent immobilier dans ses petits souliers : "Je ne sais pas comment vous dire, mais le logement n'est plus à la location !". Je lui demande donc si la couleur de peau de ma compagne est à l'origine de cette volte-face du propriétaire et là, malaise de mon interlocutrice qui prend peur au moment où je lui parle de mon intention de saisir la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité), et qui prend la décision d'appeler sur le champs le propriétaire. Quelques minutes plus tard, elle me rappelle avec une histoire tout aussi peu crédible que la précédente. Que puis-je conclure ? 
- Une agence immobilière accepte de couvrir l'attitude honteuse d'un notable qui ne veut pas d'une jeune femme d'origine étrangère dans son logement. 
 
- Ne jamais se fier aux apparences. Comme le dit l'écrivain québécois Adolphe Brassard, "l'hypocrisie se cache parfois sous la franchise du regard".
Ma compagne est profondément blessée par ce qui vient de lui arriver. A 24 ans, c'est la première fois qu'elle est victime de discrimination en France. Et pourtant, cela fait 23 ans qu'elle y vit ! 
Parmi les maux dont souffre notre pays, le racisme en est un qui ne semble pas prêt de disparaître. Nous sommes au XXIe siècle, nous nous faisons une fierté d'être le pays des droits de l'homme... Mais combien d'hommes et de femmes sont-ils victimes de pratiques discriminatoires dans notre pays ?
Je pense appuyer notre démarche de signalement à la Halde par un courrier à un député qui aura la volonté de nous aider dans le refus de toutes les discriminations. Toutes les bonnes volontés sont donc sollicitées pour mettre fin à ces comportements qui ne renvoient pas une image flatteuse de la France.

par Frédéric Le Loc'h publié dans : coup de sang
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