Lettre ouverte aux camarades qui veulent un traité à tout prix

Publié le par Frédéric Le Loc'h

drapeau-europ--en.jpgMes chers camarades,
Le traité de Lisbonne approuvé par les chefs d'Etats européens sera soumis au vote du Parlement français pour ratification. Les uns et les autres se sont déjà exprimés sur le fond et les désaccords entre socialistes ont ressurgi. Le premier piège qui nous est tendu par Nicolas Sarkozy semble a priori efficace. ET pourtant, il suffirait d'adopter une attitude conforme aux engagements de la campagne présidentielle sur l'approbation de ce nouveau traité. Le peuple français a fortement exprimé son rejet du texte qui lui était présenté en 2005. Il est tout à fait normal, au regard des sensibilités qui traversent notre parti,  que le fond du traité fasse encore débat entre nous même si nous voulons tous une Europe unie et forte. Mais parce que nous sommes socialistes, cette Europe ne peut qu'être sociale et démocratique. Or, Nicolas Sarkozy propose d'approuver ce texte sans consulter le peuple français. Les rejets français et néerlandais, la faible approbation des Espagnols et des Luxembourgeois, ont montré, en 2005, que les peuples de cette Europe historique manifestaient de la méfiance voire de l'hostilité pour une Europe libérale et technocratique qui se construisait sans eux voire contre eux.
Alors quelle attitude adoptée pour les parlementaires socialistes ? Il n'est pas question de renvoyer dos à dos les camarades du Oui et du Non qui se sont déjà opposés en 2005. Il suffit de rester fidèle à la promesse faite aux Français au printemps dernier. La France ne peut pas s'engager à signer un nouveau traité sans avoir consulté au préalable les citoyens. Une attitude floue du Parti socialiste contribuerait à accentuer la confusion dans le clivage droite-gauche voulu par Nicolas Sarkozy. J'appelle donc les camarades parlementaires à ne pas prendre part au vote qui leur sera proposé.

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