Je participais ce matin, avec tous
les professeurs d'un collège de l'Académie de Rouen, à une réunion de concertation sur l'expérimentation, dès ce semestre, de l'évaluation du socle de connaissances et de compétences.
Expérimentation est un bien grand mot car si tel était le cas, et de façon à tenir compte des corrections à apporter à ce projet autant sur la forme que sur le fond, la mise en place de ce socle
commun nécessiterait plusieurs mois de réflexion. Or il n'en est rien puisque les nouveaux programmes applicables à la rentrée 2008 sont en cours de publication. Il était "l'élément majeur" de la
Loi sur l'avenir de l'Ecole du 23 avril 2005 et il devait entrer en application à la rentrée 2007. Le retard s'explique par le fait que le Ministère avait confié la conception d'un
logiciel d'évaluation à une société privée qui ne l'a jamais produit. Le candidat Sarkozy en avait parlé durant sa campagne et fidèle à son habitude, il a confondu vitesse et précipitation.
Le 14 mai 2007, soit quelques jours après son élection, le décret et l'arrêté étaient décidés. Je reviendrai plus bas sur les problèmes que posent l'évaluation du socle commun.
Ceux qui n'ont jamais entendu parler de ce projet doivent se poser quelques questions. Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Essayons d'y répondre en quelques lignes.
Tout d'abord, de quoi s'agit-il ? Le socle commun précise le contenu obligé de la scolarité jusqu'à 16 ans. Il comprend sept grands piliers de compétences qui doivent être validés du CE1 à la
classe de troisième : maîtrise de la langue française, pratique d'une langue vivante étrangère, mathématiques, culture scientifique et technologique, maîtrise des techniques usuelles de
l'information et de la communication, culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et initiative.
Ensuite, pourquoi cette réforme ? Officiellement, la "République" veut préciser le contenu des programmes et des compétences à évaluer ; à croire que depuis des lustres les professeurs
enseignent ce qu'ils veulent en classe et notent selon des critères qui leur sont propres ! En réalité, il s'agit d'harmoniser l'enseignement en France avec celui de nos voisins européens.
Plusieurs enseignants ont manifesté ce matin leur crainte de voir disparaître d'ici cinq ans les examens de l'enseignement secondaire...
Comment évaluer ce socle commun ? Le livret qui nous a été distribué ce matin est l'objet de nombreuses critiques sur la faisabilité. L'idée de départ est intéressante puisqu'il s'agit d'évaluer
des compétences transversales mais les professeurs de collège ne sont pas des professeurs d'écoles. Ils n'ont pas qu'une seule classe. En moyenne, ils évaluent 140 élèves mais les professeurs de
sciences bien davantage... Ensuite, l'évaluation ne doit pas reposer sur la note, autrement dit, il est demandé aux professeurs d'évaluer leurs élèves sur le travail mené en classe durant toute
l'année. Le risque est que le professeur n'enseigne plus et passe son temps à évaluer chaque élève. Enfin, les sous-ensembles thématiques sur lesquels devront s'appuyer les enseignants me
semblent flous.
Le projet du socle commun constitue une véritable révolution dans notre système scolaire. Et parce qu'il s'agit d'une rupture, il faut prendre le temps de se doter des outils nécessaires pour la
mettre en oeuvre. Il faut aussi prendre le temps d'informer à la fois les élèves concernés mais aussi les parents qui ignorent dans leur ensemble jusqu'à aujourd'hui ce qui attend leurs enfants à
la rentrée. Mais voilà, Nicolas Sarkozy est le Président de l'immédiateté et le temps est une valeur dont il semble se méfier.
par Frédéric Le Loc'h
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Depuis plusieurs semaines, je
m'intéresse comme beaucoup d'entre vous au processus de désignation des candidats démocrates aux élections américaines. La couverture de ces primaires dans nos médias est hélas bien insuffisante
pour comprendre ce qui est en train de se passer actuellement aux Etats-Unis. Le citoyen curieux doit donc recueillir ces informations sur le net ou dans les stations de radio qui fournissent
encore de l'information. Je remercie France Culture et l'émission La Rumeur du monde, présentée par Jean-Marie Colombani, de bien vouloir éclairer les Français sur cet évènement d'importance
internationale. Je vous glisse le lien de l'émission. http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_10234.xml
En ce qui me concerne, le choix est fait. Ce sera Barack Obama. Sa victoire en 2008 marquerait le début d'une nouvelle histoire pour les Etats-Unis. Non
seulement il deviendrait le premier président métis de cette grande puissance mais il est le mieux placé pour défendre les positions démocrates devant le peuple américain. Hillary
Clinton me paraît usée et son vote pour la guerre en Irak me semble être un handicap pour incarner l'alternance démocrate. Quant à John Edwards, il peut lui aussi être
l'artisan d'une Amérique solidaire, en rupture avec l'arrogance financière qu'elle incarne aujourd'hui dans le monde. Pour ceux qui s'intéressent à la candidature de Barak
Obama, je vous renvoie à son site officiel : http://www.barackobama.com/index.php
par Frédéric Le Loc'h
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Je vous invite à signer la pétition contre le projet de rétention de sûreté que le Parlement s'apprête à examiner. Après les tests ADN de l'automne, voici une menace pour les libertés
et une nouvelle atteinte aux droits de l'homme. Cliquez sur le lien : www.contrelaretentiondesurete.fr . Pendant ce temps là, les médias nous abreuvent avec les images de vacances du
couple présidentiel. La forte baisse de Nicolas Sarkozy dans le sondage de ce week-end (47 % de côte de confiance) semble prouver que les Français ne sont pas aveugles devant ces
gesticulations.
par Frédéric Le Loc'h
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Pour ne pas rompre avec la tradition, je tiens tout d'abord à vous présenter mes meilleurs voeux pour cette année 2008. Que tous vos projets se réalisent et
qu'elle vous soit plus heureuse que la précédente.
Il nous faudra du courage pour faire front à la politique mise en oeuvre dans ce pays depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Et encore, il paraît que nous n'avons rien vu. Au moment où les
enquêtes d'opinion font état du désarroi de la population au sujet de son pouvoir d'achat et des doutes qu'elle manifeste vis à vis de la politique du gouvernement, l'UMP nous annonce une
accélération des réformes au 1er semestre 2008. Personne n'est dupe, c'est après les élections municipales que le gouvernement (ou plutôt le Président) justifiera un tour de vis social, une
politique d'austérité qui s'exprimera à travers la TVA sociale (dont on nous dit que Judas Besson peaufine son projet), la hausse du CRDS destinée à rééquilibrer un budget de la Sécu en
dérive depuis 2002 et bien d'autres surprises qui devraient permettre "d'augmenter notre pouvoir d'achat" !
Cette austérité aurait pu être acceptée par les Français s'il n'y avait pas eu ce péché originel de l'été 2007. 15 milliards d'euros ont été distribués à quelques 100 000 foyers aux revenus
aisés. Comme le disait Laurent Fabius, ce n'est pas du paquet fiscal qu'il fallait parler mais bien du boulet fiscal que le gouvernement va traîner aux pieds durant tout son mandat. Et
tel Sisyphe peinant à rouler sa pierre jusqu'en haut de la colline, Sarkozy aura du mal à justifier une politique complaisante avec les puissants et impitoyable avec les faibles. J'ai entendu
bien des griefs à l'égard des élus socialistes durant ces dernières années et j'ai moi même été très critique sur les faiblesses de ce parti une fois au pouvoir, mais la politique injuste menée
depuis quelques mois ne peuvent que stimuler le sympathisant ou le militant de gauche.
Cette année est importante pour les socialistes. Certes il y a les élections municipales qui selon toute logique devraient nous apporter de bonnes suprises, mais il y a surtout une échéance
interne à l'automne avec non seulement le renouvellement de la direction du Parti mais le choix d'une ligne politique qui devra être claire pour l'opinion. C'est une année passionnante que nous
nous apprêtons à vivre mais une année où il faudra s'investir pleinement dans le combat politique.
par Frédéric Le Loc'h
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