Comment ne pas s'indigner devant le vote d'un amendement rendant possible le recours à un test ADN pour justifier des liens
familiaux ? Et pourtant ça y est, la majorité parlementaire, élus UMP et Nouveau Centre, ont approuvé en deuxième lecture le texte de Thierry Mariani,légèrement retoqué par le
Sénat. Et pourtant cet amendement soulève des protestations qui dépassent les clivages politiques habituels. Comment ne pas saluer à ce
propos le courage du député de Vannes François Goulard, qui non seulement s'est dressé contre cet amendement mais qui n'a pas hésité à briser le "mur de Berlin" qui le séparait de toute action
commune avec la gauche ? Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a décidé de saisir le conseil constitutionnel pour invalider une telle procédure. Selon toute vraissemblance, celui-ci
devrait répondre de manière positive à cette demande. L'utilisation de l'ADN dans une logique de regroupement familial est contraire à l'esprit de la République et à la conception de la famille
dans le droit français.
Le silence du Président de la République n'est guère surprenant puisque durant toute sa campagne il n'a pas hésité à employer la loggohrée de l'extrême droite sur le
sujet.
Alors pourquoi s'étonner d'un tel débat ? Les amis de Nicolas Sarkozy semblent recourir aux tristes procédés de la droite dans la première moitié du XXe siècle. Pour masquer l'incohérence de
leurs discours et de leurs choix politiques, ils préfèrent recentrer le débat sur l'immigration. Oublié le cadeau fiscal de 15 milliards d'euros aux 3 000 foyers les plus aisés de ce pays. Mieux
vaut stigmatiser l'étranger ! Au moins, le responsable est facilement reconnaissable. Il a un faciès bien connu. Bien souvent il n'a pas de papier et en plus, comme il ne maîtrise pas la langue,
il n'a guère les moyens de se défendre. Le discours est le même depuis les années 1930 et j'invite tous ceux qui parcourront ces lignes à se replonger dans les manuels d'histoire. La France
renoue hélas avec son triste passé xénophobe. Il est inutile de justifier un tel amendement par les exemples de nos voisins européens car dans ces pays le droit de la famille n'est pas comparable
à celui de la France.
Décidément, la France du Président Sarkoy est aux antipodes de celle pour laquelle je vibre.
par Frédéric Le Loc'h
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Le Prix Nobel de la Paix 2007 a donc été attribué à l'ex vice-président américain Al Gore. L'académie royale de Suède a fait le choix judicieux de mettre le
réchauffement climatique sous les feux des projecteurs. Sa décision ne m'a pas surpris. Le nom d'Al Gore circulait depuis plusieurs mois, il était par conséquent attendu. Son attribution sera
peut-être l'occasion pour les chaînes de télévision de faire oeuvre de pédagogie en diffusant le film du nouveau prix Nobel.
N'oublions pas que parmi les autres noms qui circulaient figurait celui de la canadienne Sheila Watt-Cloutier qui milite pour le droit des inuits à préserver leur milieu de vie devant la fonte de
la banquise. L'Académie royale de Suède a fait un choix plus médiatique qui pourrait également avoir des répercussions sur la course à la Maison Blanche en relançant la carrière d'Al
Gore.
par Frédéric Le Loc'h
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Me voici de retour sur le net après une absence longue d'un mois due à une lourde panne informatique. Depuis la fin du mois de septembre, la politique
française a pris une tournure à laquelle je ne m'attendais pas il y a encore quelques mois. Sarkozy occupe l'essentiel du terrain, laissant dans l'ombre son premier ministre et son gouvernement,
Bayrou et le Modem ont retrouvé leur place dans le vide que constituait déjà leur discours de campagne mais le plus grave c'est que l'opposition la plus virulente à la politique actuelle ne
vient pas du Parti socialiste ni de la gauche dans son ensemble. Les tirs les plus puissants viennent du camp des chiraquiens. Galouzeau de Villepin, le même qui mettait dans la rue des centaines
de milliers de Français il y a encore quelques mois, apparaît depuis plusieurs semaines comme l'opposant de Sarko. Alors mes camarades, que faisons nous ? Le temps des essais assassins est
terminé. Le temps de la réflexion est venu. Les ateliers vont se mettre en place dans les fédérations en vue du prochain congrès. Mais regardons la réalité en face : la démocratie représentative
est gravement malade. Il nous incombe une lourde tâche dans les prochains mois. Bâtir un projet alternatif aux choix iniques de l'UMP et nous entendre au plus vite sur la ligne à tenir devant les
Français. La direction du Parti doit être ferme sur les voix discordantes de ceux qui parmi nous se montrent complaisants à l'égard du gouvernement. Les faiblesses de ces camarades jettent le
discrédit sur un PS fragilisé par la défaite de Ségolène Royal.
par Frédéric Le Loc'h
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J'ai déjà eu l'occasion
de l'écrire sur ce blog, il est impératif pour le parti socialiste de faire le choix d'une orientation politique. Si tout se passe bien, notre congrès devrait se tenir avant l'automne 2008.
Il est inutile de formuler des regrets sur le calendrier, ce-dernier a été adopté par le Conseil national et celui-ci est souverain. Comme tous les camarades, je prie les uns et les autres de se
taire d'ici là et de participer à l'énorme chantier de rénovation de notre parti. Les débats ne devront écarter aucun tabou et je souhaite que le Parti socialiste ne soit pas aveugle sur les
enjeux de demain. Nous ne devons pas nous contenter de croire que nous avons perdu en 2007 parce que notre candidate n'était pas à la hauteur, c'est notre projet qui ne répondait pas aux attentes
des Français. Si nous voulons revenir au pouvoir pour réformer et redresser la France, nous avons besoin de corriger nos erreurs, et disons le, d'améliorer nos propositions. Je me réjouis de la
désignation de Jean-Jacques Urvoas comme responsable du forum consacré aux relations entre "Socialisme et nation". J'espère que la question de l'école sera abordée sans tabou. J'aurai l'occasion
de développer mon opinion sur ce sujet dans les prochaines semaines. Sur cette question, je suis convaincu que le Parti socialiste doit abandonner ce qui a été son discours depuis une vingtaine
d'années. Si nous voulons rétablir l'égalité des chances, et c'est un impératif quand on est socialiste, il faut s'en donner les moyens et cela ne se résume pas à une simple question
d'argent.
par Frédéric Le Loc'h
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Comme chaque année, la rentrée des classes est le moment que choisissent les médias pour faire le procès de l'école. Je dis les médias mais il faut bien
reconnaître que tous les Français ont un avis sur le sujet. Il est légitime de s'y intéresser car l'éducation est le premier poste budgétaire de notre nation (et tant mieux) mais
encore faut-il le faire avec discernement et lucidité. Je ne me suis jamais reconnu dans aucun corporatisme mais il faut bien vous l'avouer, au bout de quelques années d'enseignement on supporte
très mal les poncifs et les idées reçues sur son métier. Au cours des dix derniers jours, j'ai lu des approximations scandaleuses sur les blogs des uns et des autres, et le prof que je suis
en a par-dessus la tête de voir colporter toutes ces conneries... Oui, il existe bel et bien un malaise des enseignants. Oui, le malaise est encore plus profond pour les profs bretons qui
redoutent de passer toute leur carrière très loin des leurs. Vous me répondrez qu'ils ne sont pas les seuls. C'est vrai, mais lorsqu'on choisit la fonction publique, on ne s'engage pas forcément
à faire son sacrifice ni celui de ses proches. A ce sujet, je vous invite à lire l'édition du Télégramme de Brest de ce jour. Hélas, je n'entends ni les syndicats ni aucun parti politique s'en
émouvoir.
Le blues du prof a des causes multiples. Voici un lien qui vous en dira plus avec l'humour qui appartient à ses auteurs : http://fr.youtube.com/watch?v=w1RwibJHe-c&mode=related&search=
par Frédéric Le Loc'h
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Bonjour à tous, les vacances
s'achèvent sous le soleil en tout cas dans de meilleures conditions météorologiques qu'elles n'avaient commencé. Après plusieurs semaines de mutisme du à un déménagement pour le moins chaotique,
ce blog reprend vie. Je profite de l'ouverture de l'université d'été du parti socialiste à La Rochelle pour faire ma rentrée politique moi aussi. Comme de nombreux militants, j'aurai bien
aimé y participer car j'ai le souvenir encore bien vivant des tables-rondes de l'édition 1996. J'avais notamment assisté à un exposé des plus intéressants sur la réduction du temps de travail. A
l'époque les 35 heures n'existaient pas encore dans le quotidien des Français mais Michel Rocard s'était employé sous la chaleur à nous faire l'exposé d'une semaine de 32 heures...
Je n'y serai donc pas cette année mais je ne pourrai me taire sur les commentaires des uns et des autres. Alors que l'heure est à la reconstruction ou à la refondation (chacun choisira),
plusieurs caciques socialistes (et pas forcément des éléphants) ne peuvent s'empêcher de distribuer les coups. Je lis encore ce matin les déclarations du fossoyeur de l'Education nationale,
Claude Allègre, qui déclare avec fracas, comme à son habitude, que François Hollande est "un magouilleur... qui a mis un bordel noir au PS". Si le Premier secrétaire ne peut faire l'économie de
son bilan pour dix années de mandat, il est totalement scandaleux de lui faire porter l'entière responsabilité des échecs successifs. Hollande a dirigé la maison comme il a pu, avec maladresse
quelques fois mais en sachant aussi créer des moments heureux. Hollande n'est pas le seul responsable. Nous savons tous que le Parti socialiste a une direction collégiale et que les
torts sont donc partagés. En ce qui me concerne, s'il fallait choisir un bouc émissaire ce ne serait sûrement pas celui-là. Les échecs de 2002 et 2007 sont davantage liés à des déceptions et
des frustrations de l'électorat qui font suite à une pratique du pouvoir entre 1997 et 2002. Le Parti socialiste doit tourner la page des années Jospin, c'est ce que je souhaite
fortement et je m'y emploierai à ma façon de militant.
Les socialistes feront donc leur rentrée dès ce vendredi dans cette charmante ville de La Rochelle. Nul doute que nous verrons sur nos écrans, les visages hâlés et souriants de nos dirigeants.
L'occasion pour les médias de faire de belles photos de famille... La Rochelle ne sera pas le lieu de la refondation, j'espère que l'université d'été ne donnera pas lieu non plus au règlement de
compte qu'on nous prédit depuis la défaite de Ségolène Royal. Laurent Fabius a annoncé ce matin qu'il ne serait pas présent. Son absence sera très certainement commentée sur les pontons de La
Rochelle. On peut bien comprendre les raisons qui l'animent. Ce rendez-vous politique se fera donc sans les deux fortes personnalités du PS : Fabius et DSK...
Deux satisfactions tout de même : un record d'inscriptions à l'université d'été (3500) qui prouve la détermination des militants à combattre la politique du gouvernement et, c'est un plaisir
personnel, la décision de Claude Allègre de ne pas reprendre sa carte au PS.
par Frédéric Le Loc'h
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Décidément Nicolas Sarkozy ne peut rester dans l'ombre plus de 24 heures. Alors que ses prédécesseurs appréciaient leurs paisibles vacances, à l'abri des caméras, notre actuel
Président a choisi de passer les siennes sous les objectifs des paparazzi. Il paraît que cela aussi s'appelle "la rupture". Et on nous dit un peu partout qu'il faut faire avec son temps et
que nous sommes à l'heure de la "peopolisation" de la vie politique.
En tout cas, il lui a fallu les interrompre quelques heures hier pour désamorcer le début de polémique que suscitait son farniente américain dans une luxueuse villa louée 30 000 dollars la
semaine. On ne peut s'empêcher de tirer deux conclusions : 1° Monsieur Sarkozy a des goûts de luxe. 2° Monsieur Sarkozy a beaucoup d'amis très riches. Vous me répondrez "C'est son droit" ou "Tant mieux pour lui" et vous aurez tout à fait raison. Nicolas Sarkozy incarne une autre façon de faire de la politique mais là où
nous sommes en droit de nous interroger c'est sur la cohésion avec la politique qu'il veut imposer aux Français. Ne trouvez vous pas qu'il est indécent de refuser un coup de pouce au SMIC et dans
la foulée de prendre ses quartiers d'été dans une villa de plus de 200 mètres carrés ?
par Frédéric Le Loc'h
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Les ministres du premier gouvernement de l'ère Sarkozy ont donc pris
leurs congés hier. Trois semaines de vacances au cours desquelles la plupart d'entre eux (à en croire les dépêches de presse) se sont promis un détachement total des dossiers qui les attendent à
la rentrée. Le Président de la République les a pourtant prévenus, elle risque d'être tumultueuse. Il n'a pas tort. Après les cadeaux faits aux plus privilégiés ces dernières
semaines, il sera difficile d'annoncer des mesures impopulaires. Les salariés ne tarderont pas à se rendre compte de l'entourloupe du "travailler plus pour gagner plus".
par Frédéric Le Loc'h
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Il me faisait rire à chacune de ses apparitions à la
télévision. Il avait ce quelque chose des grands clowns qui nous amuse et nous émeut tout à la fois. C'est avec beaucoup de peine que j'ai appris comme vous la mort du grand Monsieur Serrault.
Cet acteur m'a beaucoup apporté dans les séquences difficiles et sa disparition est un moment douloureux. Les programmes télévisés de cette semaine nous permettrons de retrouver un acteur au
talent immense.
Nous connaissons la religiosité de cet homme, acquise au contact d'un homme d'Eglise qui lui était proche. Le Paradis - comment ne pas souhaiter un Ailleurs
aussi cotonneux ! - gagne aujourd'hui un acteur qui ne se contentait pas du seul registre de la comédie. Autant Serrault savait être drôle dans Le Miraculé ou Le
Viager, autant cet acteur savait nous mettre mal à l'aise dans son interprétation du Docteur Petiot. Salut l'Artiste, a très bientôt sur mon écran !
par Frédéric Le Loc'h
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La libération des infirmières bulgares donne lieu à une étrange mascarade médiatique. Si nous ne pouvons que nous réjouir de cette issue heureuse, bien des questions restent en
suspens.
Tout d'abord, en insistant sur le rôle de l'épouse du président, la France donne l'impression d'être seule à l'origine du dénouement de cette affaire judiciaire. Il y a là une arrogance certaine
du couple Sarkozy qui voudrait occulter tout le travail de la solidarité européenne qui oeuvre depuis des mois pour la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. En agissant
ainsi, la France ne risque t-elle pas de s'isoler et d'affaiblir l'Union européenne ?
Ensuite, cette libération vient de faire une nouvelle victime en France : le Quai d'Orsay. Bernard Kouchner qui apprécie tout autant que Cécilia les sunlights des projecteurs, doit être frustré
de se contenter de jouer les seconds rôles. Pour être plus sérieux, il y a là une dangereuse dérive de nos institutions. S'il est légitime de voir le président de la République se réjouir de
cette libération, le rôle de son épouse paraît moins conforme aux principes de la Ve république. Il y a là une personnalisation du pouvoir qui me paraît très dangereuse. Si les français ont bien
désigné Nicolas Sarkozy pour diriger notre pays, ils ne se sont pas exprimés sur un couple. Patrick Devedjian, qui a prouvé tout l'estime qu'il portait à la gente féminine, s'est empressé de
demander un statut pour l'épouse du chef de l'Etat. Vous verrez que dans quelques semaines, l'UMP appellera à inscrire dans le marbre de la constitution les pouvoirs thaumaturgiques de notre bien
aimé président.
Enfin, je pense qu'il serait judicieux de demander une commission parlementaire sur les contreparties promises par la France au régime de Kadafi. Nul doute que le renard lybien n'ait fait valoir
son droit de grâce sans l'engagement de Nicolas Sarkozy sur des projets très personnels.
par Frédéric Le Loc'h
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